Comment choisir son agence de communication responsable ?

Après avoir encore lu une annonce de 3 « postes » de stagiaires à pourvoir dans une mini agence de communication dites « responsable », j’ai eu envie de donner quelques repères aux clients pour choisir une VRAIE agence/prestataire de communication responsable avec un grand R.

1) Qu’est la communication responsable

 » je fais de la communication responsable… » dit Enora.
 » De la quoi? » disaient mes clients.
 » De la communication responsable : aider les structures à communiquer de façon RESPONSABLE grâce à certains principes notamment exposés sur le site du collectif Adwiser  (je n’ai pas retrouvé la page avec les principes, est-ce que ça a changé ???) et sur l’éconovateur.

Les 7 principes qui balisent cette démarche :

  • Le dire et le faire
  • Revenir à la “vérité produit”
  • Savoir dire non (ou “oui, si…”)
  • Ré-humaniser les cibles de communication
  • Éco-innover dans les moyens et supports de communication
  • S’ouvrir sur de nouveaux partenariats
  • Contribuer à l’implication citoyenne

2) Le principe essentiel de la communication responsable : « le dire et le faire »

Mettre en adéquation les actes et les paroles, donnera d’autant plus de force aux  messages diffusés par l’entreprise, s’il reposent sur des actions/engagements/valeurs réels. C’est la preuve que le message repose sur des actes, des engagements concrets. C’est sur principe essentiel que reposera la démarche de communication responsable.
Est-ce que les agences dites de communication responsable font ce qu’elles disent ?

3) Ce qu’une agence responsable ne fait pas

  • Mensonge produit : votre prestation est en partie (parfois complètement) réalisée par un stagiaire
    Ce matin encore 3 offres de stages (emplois déguisé vu le profil de poste) pour seule (petite) agence : « des perles rares » oui, oui en stage. Le client final est-il au courant qu’il va payer une prestation au prix fort, alors qu’elle sera réalisée par un/une stagiaire? Ne vous méprenez pas, un stagiaire qui cherche un stage est normal. Une entreprise qui « recrute » des stagiaires ça c’est scandaleux.
  • Elle dit oui à tout même au pire : Participations/réponses à des appel d’offres non rémunérés, avec création gratuite fournie avec le devis : 3 agences réalisent le magazine du client (institution), présentent leur boulot et seule la maquette sélectionnée par le client sera payé (une agence sur les 3 donc). Qui paiera pour le temps passé sur cette prestation non rémunérée ? Oui oui les autres clients…
  • Elle crée de nouveaux partenariats mais à prix cassés (extrait d’un de mes RDV): « nous nos meilleurs graphistes on les paye 250€/jours (ne vous étranglez pas) et vous vous avez un profil trop varié vous devriez aller chez l’annonceur… Ou alors… (Soupir et réflexion intense pour oser me proposer une offre qu’on ne refuse pas, une fleur) « On pourrait vous faire travailler mais a des tarifs bas :180€/jour »… Prix jour revendu 350€ au client final une agence « responsable » est donc capable de s’aligner sur un prix jour de freelances en cassant les prix (du freelance hein, pas le sien elle margera, et grassement, sur cette prestation).
    Liste non exhaustive.

Certaines agences qui se revendiquent de la communication responsable bafouent donc allègrement les principes de la communication responsable. Comment pourrait-ils vous accompagner sérieusement dans votre démarche ?

4) Une agence responsable répond à des principes forts :

  • Le stagiaire ne remplace pas l’employé, il est formé et non exploité
  • Pas de réponse à la majorité des appels d’offres scandaleux de la commande publique
  • Incarner les principes de la communication responsable avant d’aller faire la « leçon » à ses clients (oui, recracher ses principes sans pratiquer c’est des leçons).
  • Pas de marges ou de commissions sur ses partenaires (développeurs web, rédacteurs, photographes, imprimeurs etc.)
  • Baser ses pratiques sur une charte ou donne la moyen au client d’évaluer si ses actes sont en adéquations avec ce qu’elle dit
  • Ne pas prendre son client pour une vache à lait

Liste non exhaustive (c’est tout cas ce que j’applique avec Coquelicom)

5) La communication responsable est une communication par les actes!

Ce matin sur twitter j’ai suivi le livetweet pour le 5eme anniversaire de la charte d’engagement des annonceurs pour une communication plus responsable et je retiendrai ce tweet en particulier qui m’a fait chaud au coeur :
« La ‪#commresponsable est une communication par les actes et pas que par les mots ‪@Youphil #UDA ».
Oui Youphil, les actes!

6) Comment faire le tri des agences de communication?

A tous les clients qui voudraient avoir à faire à un agence dites « responsables », veillez à leurs pratiques, leurs valeurs, soyez attentifs au discours et aux actes, vous saurez si cette structure est vraiment apte à vous accompagner ou pas.
N’hésitez pas à les questionner.

Feriez vous confiance à un guide de haute montagne en tong qui vous montrerait le sentier du bout des doigts sans partir avec vous ?

Personne n’est pas parfait. Et c’est dans cette imperfection aussi que se reconnaît l’agence responsable, elle peut reconnaître ses limites, partager ses interrogations, mais surtout, surtout : elle ne transige pas sur les valeurs fondamentales qu’elle aura définie (par le biais d’une charte tout de toute autre façon, car il n’y a pas une façon de porter ses messages et ses valeurs).

On n’entre pas dans une agence de communication responsable comme au macdo, on ne repart pas avec son menu à 6,95 dans un délai express.

On prend le temps, comme pour toute prestation de qualité de juger la qualité du prestataire. Il n’y ni label (Il y a bien quelques ISO qui trainent comme le 26000, encore faut-il pouvoir se payer et ça reste une norme de lignes directrices, nos chartes et pratiques, n’ont donc pas moins de valeurs) ni assurance de trouver la bonne agence.

Prendre le temps d’évaluer, pourquoi pas se renseigner auprès des clients par exemple? On dit que le cordonnier est le plus mal chaussé, en communication responsable, c’est l’inverse, regardez bien les souliers ;-D

Enora Le Mignon.
Créatrice de coquelicom : l’atelier graphique toulousain qui pratique, vit et innove dans la communication responsable.

PS : pour mes amis de la com’responsable : Sortons des sentiers battus : Innovons !

Au sujet des stagiaires on me répondra surement en toute bonne foi : « nos stagiaires sont contents de travailler pour la bonne cause…n’accablons pas les petites boîtes qui essaient de s’en sortir tant bien que mal, malgré la crise et les clients qui payent en retard. Félicitons les plutôt de proposer des stages intéressants à des jeunes qui cherchent à apprendre et qui pourront valoriser cette expérience par la suite ! »
Ou on me dirait encore :
« Attention à ne pas diaboliser des personnes dont tu ne sais rien des valeurs, juste en lisant une annonce… »
Comme le dit si bien Lemoine Conseil « C’est un argument antiéconomique qui tire les salaires et la valeur des prestations vers le bas…c’est une vision d’inculture et de court terme !!!! ».
Je n’accable pas, mais que j’aimerais que cet article amène à la réflexion et à l’action. C’est en amenant l’humilité et la cohérence dans nos pratiques que nous ferons briller la communication responsable et que nous pourrons au mieux accompagner nos clients « vers » ….
Soyons ensemble dans cette aventure !
Et comment pousser nos clients à innover si nous restons sur de vieux schémas de développement archaïques (stagaires a gogo, presta baclées…) : et la qualité de ce que nous vendons alors ?
Ce que toutes les agences font déjà, laissons-le leur ! Faisons le reste !

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6 réflexions sur “ Agence responsable? ”

  1. Complétement d’accord sur tes positions sur les stagiaires et les presta baclées et surfacturées.
    Le pompon du jour : un AOP avec demande de non pas 1 ni 2 mais 6 propositions à faire figurer dans l’enveloppe de réponse… on croit réver !

    Restons simplement fidèles à nos engagements et nos convictions !

  2. Quel plaisir de vous lire! Moi qui ai fondé une agence de communication en Belgique, je suis souvent confronté à une concurrence telle que celle décrite dans votre article. Juste un exemple récent…nous participons à un concours pour devenir l’agence de communication attitrée de l’Hippodrome de Wallonie, une belle référence en somme. Nous avons gagné. Bien que 3 fois plus chers que nos concurrents directs, le conseil d’administration a retenu notre proposition. La responsable marketing accepte de nous montrer la proposition du concurrent qui a retenu lui aussi l’attention du CA. Ma collègue en le voyant s’étrangle! « Quoi!? C’est leur proposition ça!! » « Mais c’est le logo de l’Hippodrome de Toulouse ça! » Vous l’aurez compris, ils se sont contentés de recopier le logo sans aucun autre changement que de remplacer Toulouse par Mons, la ville où est situé l’hippodrome.

    Etre une agence responsable, c’est donc une responsabilité en soi! C’est aussi et surtout rester honnête et intègre… Si toutes les agences petites et grandes, mais surtout les petites, devenaient responsable..nos clients auraient une meilleure confiance en notre métier!!

  3. Salutations =) ! J’aimerais trouver un graphiste…en revanche je n’arrive pas a me decidé. Y’a t’il une difference entre un graphiste freelance et graphiste non freelance, en fouillant j’ai trouvé ce site expliquant ce qu’est un graphiste freelance mais je le trouve vraiment pas détaillé et n’a donc pas répondu a mes besoins.
    Au final un graphiste reste un graphiste, freelance ou non je ne pige donc pas et qu’il m’est impossible de me decider, de plus dans mon entourage c’est indecis, ça va du avec un freelance bonjour les enniuis ou encore avec un freelance tu te fera pas entubé sur le prix jusqu’a l’agence c’est plus serieu donc bon… quelle est vraiment la difference alors svp =) ?

  4. Chère Emilie,

    Un freelance sérieux ça existe, il suffit pour cela de regarder son book, son parcours, entrer en contact avec lui et vous faire une idée d’après l’échange que vous aurez eu. Demander un devis, le juger (avec comme référence un prix allant de minimum 250€/jour a 500€ voir plus)…
    Bien entendu il faut un freelance soit en mesure de vous facturer, de vous donner un devis avec numéro de siret. Donc graphiste freelance ou agence je ne vois pas d’autre alternative.
    Tout dépend de votre budget et de vos attentes.
    Quelques repères :
    • il devra vous faire un devis
    • le devis devra détailler les prestations comprise
    • Une fois le devis signé, il devra vous faire un brief poussé pour comprendre votre positionnement, qui est votre clientèle cible, votre activité etc…
    • il vous proposera une création avec un nombre de propositions qui auront définies à la rédaction du devis (en général entre deux et trois propositions)
    • il y aura un nombre d’aller-retour de corrections défini
    • Le graphiste doit avoir un book
    • Vous pouvez bien entendu le questionner sur son parcours ses expériences etc…
    • Demandez lui qu’il vous explique par exemple sur une de ses création, ses choix graphiques, la demande du client etc…Il doit être en mesure de vous expliquer tout ça…

    Voilà en tant que graphiste freelance je ne peux que vous conforter dans l’idée qu’une freelance c’est bien, encore faut-il savoir le choisir.
    Bon courage,
    Enora

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